Thursday, October 30, 2014

Diana Damrau Dives Into Unfamiliar Territory With Kent Nagano

Chant Japonais: Listen to Diana Damrau's interpretation
 of Japanese songs for children by clicking here and 

purchase the recording here.
"One day, Kent Nagano listened carefully when his wife was singing a children’s song to his daughter. The song told a chapter of Japanese history previously unknown to him: It told of emotion, tenderness, love – and bitterness. The song originates from a period when Japan had to open up to the West. At this time, Japan was suffering from over population, starvation and poverty. “These songs came to me very late. Though of Japanese heritage, my family came to America at the end of the 19th century leaving me three generations away from Japan. I came down one morning to breakfast and found my daughter listening to these songs on a little recording, and my wife was singing along with the songs to try to teach them to my daughter.” His daughter Karin Kei was three years old on the day she inspired one of her father’s most ambitious projects. Kent Nagano was so touched by the lyrics and sounds of the songs that he immediately started researching their source. “After quite a while, I’d say six weeks or two months, after listening every morning to these intriguing and beautiful melodies, it occurred to me that due to my limited Japanese, I had no complete comprehension of what they were about, and so I asked my daughter to explain the texts. Her translation, confirmed by my wife, revealed a complex and profoundly poetic collection of texts. They were at once both intensely moving emotionally and disturbing. Their haunting, mysterious beauty has continued to entice all generations since their creation making them actual and vividly relevant to our modern world.” In Japan, the songs that enchanted Nagano are commonly known as 'Shoka', or school hymns. They are based on famous Japanese poetry, but are composed in the Western musical style. The songs emerged during the era of the Meiji-Restorations in the outgoing 19th and early 20th centuries. It was the time when Japan finally opened itself to the West after close to 250 years of reclusiveness. The backward feudal state transformed into a modern imperial world power. It was in this period of economic and cultural upheaval that the children’s 'Shoka' came into being. Sometimes the lyrics deal with day to day
life, while other songs tell of the strangers coming ashore in Japan. Some tell the stories of Japanese who went overseas to flee the poverty at home. The songs from ancient times have left a deep impression on the American conductor and rekindled his interest in his Japanese roots. Kent Nagano wanted to bring them to public attention by a performance with the Orchestre symphonique de Montréal. His friend, Peter Schmidt, a famous designer from Hamburg, created animated short films to support the musical event." [Source] Read more about the recording, and hear four full tracks off the recording, after the jump.

"Un jour, Kent Nagano écoutait avec attention sa femme qui chantait un air enfantin à sa fille. Celui-ci narrait un chapitre de l’histoire japonaise qui lui était jusque-là inconnu : une histoire d’émotion, de tendresse, d’amour – et d’amertume. Le chant avait été conçu à une période au cours de laquelle le Japon avait dû s’ouvrir à l’Occident, le pays souffrant alors de surpopulation, de famine et de pauvreté. 'Ces chants me sont parvenus très tard. Malgré un héritage japonais, ma famille est venue s’établir en Amérique à la fin du 19e siècle. Trois générations me séparaient du Japon. Je suis descendu déjeuner un matin et ai trouvé ma fille en train d’écouter ces chansons sur un petit magnétophone et ma femme chantait, afin de les lui enseigner.' Karin Kei avait trois ans quand elle est devenue la source d’inspiration d’un des projets les plus ambitieux de son père. Kent Nagano était si touché par les paroles et les sonorités de ces chansons qu’il se mit aussitôt à faire des recherches pour remonter à leurs sources. 'Après un bon moment, je dirais six semaines ou deux mois, alors que j’écoutais chaque matin ces mélodies intrigantes et magnifiques, je me suis rendu compte qu’en raison de ma maîtrise limitée de la langue japonaise, je ne pouvais avoir une compréhension complète de ce dont elles parlaient. J’ai alors demandé à ma fille de m’expliquer les textes. Sa traduction, confirmée par mon épouse, mettait en lumière un recueil de textes à la fois complexes et profondément poétiques, en plus d’être intensément émouvants et bouleversants. Leur beauté mystérieuse et envoutante continue de séduire, toutes générations confondues, depuis leur création. Ils sont ainsi toujours d’actualité et d’une vive pertinence dans notre monde moderne.' Au Japon, les chants qui avaient enchanté maestro Nagano sont connus sous le nom de 'shoka' ou hymnes scolaires. Ils sont basés sur des poèmes japonais célèbres, mais composés dans un style musical occidental. Ces chants ont vu le jour à l’époque de la Restauration de Meiji à la fin du 19e et au début du 20e siècle. À cette époque, le Japon s’était enfin ouvert à l’Occident, après quasi 250 ans de repli. L’état féodal rétrograde s’était transformé en une puissance impériale moderne mondiale. C’est à cette époque de bouleversements économiques et culturels que le ;shoka' pour enfants est né. Les textes traitent parfois du quotidien, à d’autres moments évoquent les étrangers débarquant au Japon. Certains parlent aussi de Japonais ayant vécu outre-mer pour fuir la pauvreté. Ces chants du passé ont fait grande impression au chef américain et ravivé son intérêt pour ses racines japonaises. Kent Nagano souhaitait attirer l’attention du public en les donnant en concert avec l’Orchestre symphonique de Montréal. Son ami Peter Schmidt, célèbre designer de Hambourg, avait alors créé des courts-métrages d’animation pour soutenir le propos musical. Avec l’ouverture du Japon, les missionnaires chrétiens américains et européens sont venus au pays. Des églises ont été construites et sont bientôt devenues le centre de la société, un endroit où les nouvelles chansons pour enfants pouvaient souvent être entendues. La poupée aux yeux bleus vient d’Amérique et est faite de celluloïd. Quand elle arrive au port, ses yeux sont
pleins de larmes. 'Je ne comprends rien. Que dois-je faire si je me perds?' Généreuses fillettes japonaises, soyez douces et gentilles quand vous jouez avec elle! Soyez douces et gentilles quand vous jouez avec elle! Les paroles furent d’abord publiées en 1921 dans une revue pour enfants. Un missionnaire américain inspiré par la chanson a eu l’idée de demander aux enfants des États-Unis d’envoyer des 'poupées aux yeux bleus' au Japon en témoignage de leur amitié. Mais en 1941, quand les États-Unis et le Japon sont entrés en guerre, les poupées sont devenues symboles de l’ennemi. Avec leurs grands yeux bleus, elles étaient perçues par les Japonais comme des "espionnes" et la majorité des poupées a été brûlée.

Souliers rouges
Portant des souliers rouges, une jeune fille est partie avec un étranger.
Portant des souliers rouges, une jeune fille est partie avec un étranger.
Du port de Yokohama, à bord d’un bateau, elle est partie avec un étranger.

Le chant enfantin akai kutsu raconte l’histoire d’une fillette adoptée par un missionnaire américain et sa femme, qui les accompagnera de Yokohama aux États-Unis. Écrit en 1921, akai kutsu est l’un des chants enfantins les plus populaires au Japon. Les paroles et la musique transmettent l’envie du lointain, mais aussi la jalousie ressentie envers cette fillette qui a pu se rendre dans 'l’Ouest promis,' portant les souliers rouges. On y perçoit aussi la pitié ressentie pour celle qui habite à l’étranger et s’ennuie du Japon." [Source]



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